Épargner au Canada avec un permis de travail

Vous n'avez pas la résidence permanente, mais vous vivez et travaillez ici. Bonne nouvelle : pour épargner, votre statut d'immigration compte beaucoup moins que votre statut fiscal. Voici l'essentiel, sources officielles à l'appui.

Publié le 19 octobre 2026 · par Nicolas, fondateur de Lai See Wise

En bref : avec un permis de travail, vous pouvez ouvrir un compte bancaire, un compte d’épargne à intérêt élevé et, si vous êtes résident du Canada aux fins de l’impôt, un CELI. Le REER devient intéressant dès que vous avez déclaré des revenus canadiens. Avant de partir un jour, il y a quelques règles à connaître.

Quand je suis arrivé au Canada avec un permis de travail, il m’a fallu beaucoup de recherches pour comprendre ce qui s’appliquait à moi. La plupart des guides supposent que vous êtes citoyen ou résident permanent. Cette page rassemble ce que j’aurais aimé lire dès le premier jour.

1. Ouvrir un compte bancaire : c’est un droit

Vous n’avez besoin ni d’un emploi, ni d’argent à déposer, ni de la résidence permanente pour ouvrir un compte dans une banque. Selon l’Agence de la consommation en matière financière du Canada, vous avez le droit d’ouvrir un compte même si vous n’avez pas d’emploi ou pas d’argent à y mettre tout de suite, à condition de prouver votre identité.

Il faut des pièces originales : soit deux documents (l’un avec votre nom et votre adresse, l’autre avec votre nom et votre date de naissance), soit un seul document accompagné de la confirmation d’une personne de confiance. Un passeport étranger fait partie des documents acceptés.

Ce droit vise les institutions sous réglementation fédérale, comme les banques et les coopératives de crédit fédérales. Desjardins et les caisses suivent les règles du Québec.

2. Le compte d’épargne à intérêt élevé : accessible à tous

Un compte d’épargne à intérêt élevé s’ouvre comme un compte bancaire ordinaire. Votre statut d’immigration n’entre pas en ligne de compte, et l’assurance-dépôts vous protège exactement comme un citoyen : jusqu’à 100 000 $ par catégorie et par institution. Comprendre l’assurance-dépôts

Les intérêts d’un compte d’épargne ordinaire sont imposables. L’institution vous envoie un feuillet T5 si vous avez touché au moins 50 $ d’intérêts dans l’année, et vous les déclarez dans votre déclaration de revenus.

Comparer les taux des comptes d’épargne

3. Le CELI : tout dépend de votre résidence fiscale

Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) permet de faire fructifier votre épargne sans payer d’impôt sur les intérêts. Pour en ouvrir un, l’Agence du revenu du Canada (ARC) exige trois conditions :

Remarquez ce qui ne figure pas dans la liste : la citoyenneté ou la résidence permanente.

Êtes-vous résident aux fins de l’impôt ?

Pour l’ARC, la résidence fiscale ne dépend pas de votre statut d’immigration, mais de vos liens de résidence avec le Canada (un logement, un conjoint ou des enfants à charge ici) et du temps passé au pays. Quelqu’un qui s’installe ici pour travailler, avec son logement, est en général résident. En cas de doute, le guide de l’ARC pour les travailleurs temporaires explique les critères, et le formulaire NR74 permet de demander l’avis de l’ARC.

Combien pouvez-vous y verser ?

Vos droits de cotisation commencent l’année où vous devenez résident. Vous recevez le plafond annuel complet de cette année-là, même si vous êtes arrivé en cours d’année. Le plafond est de 7 000 $ pour 2026, et les droits inutilisés s’additionnent d’une année à l’autre. Les années vécues à l’étranger ne vous donnent aucun droit.

Attention : une personne arrivée récemment a bien moins de droits qu’un Canadien qui a eu 18 ans en 2009. Vérifiez vos droits dans Mon dossier de l’ARC avant de verser une grosse somme : l’excédent est imposé à 1 % par mois.

4. Le REER : utile, mais pas la première année

Le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) vous permet de déduire vos cotisations de votre revenu imposable. Vos droits de cotisation sont calculés à partir du revenu gagné déclaré l’année précédente (18 %, jusqu’à un plafond). Votre première année au Canada, vous n’avez donc en général pas encore de droits : ils apparaissent après votre première déclaration de revenus canadienne.

Comme le REER sert surtout à réduire l’impôt sur un salaire, son intérêt dépend de votre taux d’imposition aujourd’hui et de celui que vous aurez au moment de retirer l’argent, peut-être dans un autre pays.

5. Si vous quittez le Canada un jour

C’est la question que personne ne pose en arrivant, et pourtant elle change tout. Voici ce que dit l’ARC pour le CELI :

Le CELI est un avantage fiscal canadien. D’autres pays peuvent ne pas le reconnaître et imposer ses revenus comme ceux d’un compte ordinaire. Avant de partir, renseignez-vous sur les règles de votre prochain pays.

Pour vos comptes d’épargne ordinaires, demandez aussi à votre institution si vous pourrez garder votre compte une fois à l’étranger : les politiques varient.

Citoyens et résidents américains : si vous produisez une déclaration de revenus aux États-Unis, sachez que le fisc américain ne reconnaît pas le CELI. Ses revenus y sont imposables, et il peut entraîner des déclarations supplémentaires. Parlez-en à un fiscaliste qui connaît les deux pays avant d’en ouvrir un.

Ce qu’il faut retenir

  1. Ouvrez un compte bancaire dès votre arrivée : c’est un droit, même sans emploi.
  2. Placez votre épargne de précaution dans un compte d’épargne à intérêt élevé, couvert par l’assurance-dépôts.
  3. Si vous êtes résident fiscal, ouvrez un CELI, mais vérifiez vos droits dans Mon dossier.
  4. Le REER viendra après votre première déclaration de revenus.
  5. Pensez dès maintenant à ce qui se passera si vous partez.

Sources


Information générale à jour au 19 octobre 2026. Ce n’est pas un conseil fiscal, juridique ou financier personnalisé : les règles changent et dépendent de votre situation. Vérifiez auprès de l’ARC ou d’un professionnel. Lai See Wise n’est pas une banque et ne reçoit aucun dépôt.